Vers une société plus juste

Les personnes qui reçoivent des prestations d’un programme d’assistance sociale sont le groupe le plus stigmatisé au Québec et les préjugés à leur égard sont largement répandus au sein de la population. Actuellement, il n’existe pas d’intervention évaluée de manière rigoureuse qui ait été démontrée efficace à réduire les préjugés à l’endroit de ce groupe particulièrement vulnérable de la population. Il est important de diminuer ces préjugés, car ils entraînent des effets négatifs sur la santé mentale des personnes, sont à l’origine de pratiques discriminatoires et posent obstacle à l’adoption de politiques publiques favorisant une répartition plus juste de la richesse.      

Démarré en avril 2020 à la suite du premier concours Engagement des Fonds de recherche du Québec et s’étalant sur deux ans, le projet Vers une société plus juste a pour objectifs de :

  1. Décrire la réalité des personnes recevant des prestations d’assistance sociale et les améliorations à apporter aux politiques publiques pour réduire les inégalités sociales de santé;
  2. Développer une intervention visant à diminuer les préjugés à l’égard de ces personnes et à augmenter l’appui à l’égard des améliorations à apporter aux politiques publiques;
  3. Évaluer la faisabilité de l’intervention, c’est-à-dire son acceptabilité, son implantation et son efficacité potentielle.   

L’intervention consistera en trois séances de 90 minutes, facilitées par un quatuor formé d’un.e facilitateur.rice-chercheur.e et de trois facilitateur.rice.s-citoyen.ne.s recevant des prestations d’assistance sociale. Elle mettra à profit les meilleures pratiques en matière de lutte aux préjugés, à savoir une combinaison des stratégies d’éducation et de contact. Le contenu des séances décrira la réalité des personnes recevant des prestations d’assistance sociale et présentera des améliorations prioritaires à apporter aux politiques publiques.

 Les participant.e.s à l’intervention rempliront des questionnaires évaluant leurs préjugés à l’endroit des personnes recevant des prestations d’assistance sociale à trois reprises : avant de recevoir l’intervention, immédiatement après l’intervention, puis quatre mois plus tard. Nous examinerons également l’appréciation des participant.e.s à l’égard du contenu et du format. Des analyses statistiques seront menées pour vérifier si l’intervention permet de diminuer les préjugés et si les effets varient selon le genre et la position sociale des participant.e,s. Des entrevues semi-structurées seront également menées auprès des facilitateur.rice.s-citoyen.ne.s pour documenter leur expérience. Si les résultats sont prometteurs, c’est-à-dire si des changements positifs sont observés et si l’acceptabilité de l’intervention est élevée, et ce, tant pour les participant.e.s que pour les facilitateur.rice.s-citoyen.ne.s, nous planifierons l’évaluation de l’efficacité de l’intervention à l’aide d’un essai randomisé avec groupe témoin. Une fois celui-ci formalisé, le matériel de l’intervention sera rendu disponible par l’intermédiaire de nos partenaires.